Homélies du P. Olivier Petit

Homélies depuis septembre 2025

4e dim A Pâques 2026 : Ac 2,14-41 ; Ps 22 ; 2 P 2,20-25 ; Jn 10,1-10.

L’évangile de ce jour prolonge l’échange de Jésus avec les pharisiens après la prosternation de l’aveugle-né : « Mais maintenant, parce que vous dites : nous voyons, votre péché demeure. Amen, amen, je vous le dis : celui qui entre dans la bergerie sans passer par la porte, etc. » Ainsi puisque le péché parasite la vision des pharisiens, Jésus leur propose de prendre appui sur leur audition en prêtant l’oreille à la voix qui les appellent par leur nom et qu’ils connaissent puisque Jésus dit des brebis qu’elles connaissent cette voix. Pourtant les pharisiens ne le comprennent pas. Alors Jésus met les points sur les i : c’est en l’entendant, lui et pas un autre, qu’ils sortiront de leur enfermement et accéderont à la liberté. Ainsi qui entend Jésus passe la porte par laquelle il sortira d’une existence verrouillée par le péché pour entrer dans cette relation et ce cheminement décrit par le psaume 22.

La première lecture raconte comment à la Pentecôte Pierre ouvrit la porte de la bergerie où ses auditeurs étaient enfermés. il les toucha au cœur en leur révélant qu’ils avaient crucifié le Christ. Désemparés devant l’énormité de leur crime, ils demandèrent quoi faire. Et Pierre les appela à se convertir, c’est-à-dire à réorienter leurs existences en se tournant vers la vie non plus vers la mort et à se détourner de cette génération tortueuse, comprenons du milieu tordu, où ils évoluaient. Entendons qu’à travers Pierre c’est Jésus qui les appelle, c’est Jésus qu’ils entendent et c’est Jésus qu’ils vont suivre en prenant le chemin décrit au psaume 22.

Dans la deuxième lecture Pierre revient sur cette conversion. Elle répond à un appel qui invite à prendre modèle sur Jésus afin de mourir au péché et de vivre pour la justice. En réorientant ainsi leurs existences ils se tournent vers leur berger, vers le gardien de leurs âmes. Une telle conversion, une telle réorientation provoque quelques souffrances car il s’agit de rompre d’avec la jouissance que nous prenons au péché, mais cela est possible puisque Jésus a fait son chemin sans jamais céder au péché. Pierre dit là que Jésus avançait avec une telle puissance qu’ils emportaient avec lui les péchés de l’humanité qui aurait dû l’entraver et l’immobiliser.

Mais au fait pouvons-nous dire, chacune et chacun, quand la voix de Jésus Christ nous a touchés au cœur de même les auditeurs de Pierre ? Rappelons-nous de cet évènement fondateur de toute vocation chrétienne !

Olivier Petit.

 

3 Dim de Pâques 2026- A – Ac 2,14.22b-33 ; 1 P 1,17-21 ; Luc 24,13 -35.

Le témoignage des femmes étonne les deux disciples cheminant vers Emmaüs. Et c’est cet étonnement qui les dispose, malgré leur tristesse et leur déception, à cheminer avec cet inconnu qui n’est pas au courant des évènements de Jérusalem. Le témoignage des femmes les a donc préparés à cheminer avec lui vers Emmaüs et dans les Écritures.

Et chemin faisant dans les Écritures, ils sont touchés par la présence chaleureuse du Ressuscité tant et si bien qu’ils insistent pour qu’il reste avec eux. Et au cours du repas il les associe à son corps par le partage du pain ce qui leur ouvre les yeux sur sa présence alors même qu’il disparaît à leur regard. Et ils retrouvent cette présence en rejoignant les Onze et leurs compagnons qui ont vécu la même expérience.

Ainsi lire à plusieurs les Écritures comme annonce de la mort et de la résurrection du Christ fait accéder les disciples à la présence du Ressuscité et les établit comme Église.

A la Pentecôte, Pierre lit deux psaumes à la manière de Jésus lisant les Écritures sur le chemin d’Emmaüs. Il y découvre que la résurrection de Jésus a été possible parce que celui-ci, avant sa mort, a noué avec son Père un lien que celle-ci n’a pu entamer.

Et Pierre ajoute dans sa première lettre que le Père attendait de Jésus qu’il tienne ce lien pour nous associer à sa résurrection puisqu’il partageait notre condition charnelle.

Ainsi croire que le Père a ressuscité son fils Jésus, c’est croire qu’il ne nous abandonne pas à la mort et à la corruption, à charge pour nous d’aimer comme il a aimé et de faire corps avec celles et ceux qui croient de même, avec celles et ceux qui aiment comme il a aimé, avec celles et ceux qui en portent la présence.

Le croyons-nous vraiment ?

Olivier Petit.

2e dimanche de Pâques 2026 – Ac 5,12-16 ; Ps 117 ; Ap 1, 9-19 ; Jn 20,19-31.

Thomas est le « jumeau » des autres disciples et notre « jumeau ». Son incrédulité révèle celle des autres disciples, ceux-là même qui n’arrivent pas à le convaincre, et la nôtre. Ainsi Jésus advient, donne sa paix, envoie, remet l’Esprit, donne le pouvoir de lier et délier les péchés, à des disciples incrédules qui n’osent pas lui demander de le saisir en ses blessures alors que Thomas l’ose.

Mais cette incrédulité tombe quand Jésus s’adresse à Thomas car ce dernier croit sans même en palper les blessures bien qu’il l’y invite. Thomas fait alors l’expérience de la présence vive de Jésus, de sa présence parlante qui le saisit comme un parfum saisit qui le respire et qui le fait ainsi passer de l’incrédulité à la foi !

Cette présence vive de Jésus habite les apôtres autour desquels se rassemblent les croyants dans la première lecture. Les apôtres portent cette présence parce qu’ils sont accrochés à cette pierre d’angle à partir de laquelle le Seigneur, aujourd’hui comme hier, édifie cette communion fraternelle qui se manifeste par la fraction du pain et des prières communautaires, édifie son Eglise.

Selon St Pierre, participer à cette communion fraternelle nous fait naître pour cet héritage vers lequel nous avançons, malgré les afflictions et les épreuves : à savoir la révélation en gloire du Fils ressuscité et la rencontre face à face avec son Père, avec notre Père. En effet de même que les apôtres et les premiers disciples, l’Esprit Saint, au fil de l’existence, nous rend semblable à Jésus et de ce fait capable de l’accueillir en sa gloire ainsi que de nous tenir en présence du Père.

Ainsi en toutes situations le Père nous transforme par l’Esprit Saint à l’image de son Fils et nous coopérons à cette transformation dès que nous nous demandons ce que ferait Jésus s’il était à notre place. C’est ainsi qu’il est la pierre d’angle qui tient l’œuvre qu’accomplit son Père de toute éternité ! Posons-nous en permanence cette question !

Olivier Petit.

1 Dimanche de Pâques 2026 – Actes 10,34-43 ; Ps 117 ; Colossiens 3,1-4 ; Jean 20,1-9.

Voyant le tombeau ouvert Marie Madeleine n’y entre pas. Et sans vérifier si le corps est présent ou absent, elle court dire à Simon-Pierre et à l’autre disciple qu’il a été dérobé. Et les deux partent en courant au tombeau. L’autre disciple arrive le premier, se penche et voit les linges mais n’entre pas. Simon-Pierre arrive après et entre dans le tombeau où, si l’on traduit exactement le texte grec, il contemple les linges et le suaire comme on vénère des reliques. Enfin l’autre disciple entre, voit et croit !

Marie Madeleine, Simon-Pierre et l’autre disciple caractérisent trois attitudes possibles devant le vide du tombeau. Il est possible de l’expliquer à la manière de Marie Madeleine. Il est possible de vénérer les traces du corps comme Simon-Pierre. Il est possible de prendre appui sur ce vide et sur ces traces pour croire que l’Écriture annonçant la résurrection est accomplie.

Marie Madeleine, Simon-Pierre et les autres s’aligneront très vite sur l’autre disciple. Eux aussi entreront dans la foi ce qui leur vaudra de manger et boire avec Jésus après sa résurrection d’entre les morts et d’en devenir les témoins annonçant qu’il est le juge des vivants et des morts capables de pardonner les péchés à qui croit en lui. En effet parce qu’il l’a emporté sur la mort, le mal et le péché, Jésus est la mesure de toutes existences ainsi que le remède aux péchés des pécheurs dès lors que ceux-ci croient que vivre à son école conduit à en partager la victoire.

Ainsi rechercher les réalités d’en haut, penser aux réalités d’en haut comme nous y invite Paul, c’est vivre à la manière de Jésus Christ là où nous sommes plantés car cela conditionne notre résurrection. Bien sûr vit ainsi la femme, l’homme qui entre dans la foi de même que l’autre disciple croyant que l’Écriture est accomplie à la vue du vide délimité par les linges et le suaire !

Montrons par nos existences que nous croyons !

Olivier Petit.

Veillée Pascale 2026 – Gn 1 ; Ex 14,15-15,1 ; Ba 3,9-15.32 – 4,4; Ro 6,3b-11 ; Lc 24,1-12.

Ba 3,9-15.32. Danièle, Marie, Kyala, Camille et nous tous ici présents prêtons l’oreille comme nous y invite Baruch afin de connaître la Sagesse et de vivre dans la paix pour toujours.

GN 1. Certes, cette Sagesse est parfois bien difficile à reconnaître en cette Création défigurée par le péché de l’Humanité que le Seigneur lui confiée pour le meilleur.

Exode 14.  Et je sais que chacune de vous quatre a buté sur la mort, le mal et le péché de même que les fils d’Israël coincés entre la mer et les Égyptiens. Vous avez traversé des situations désespérées et désespérantes.

Luc 24. Mais de même que Moïse a ouvert un passage dans la mer, l’ange a roulé la pierre et vous avez entendu la Bonne Nouvelle de la Résurrection de Jésus Christ !

Je ne sais pas qui fut votre ange mais vous avez entendu que pour l’emporter sur la mort, le mal et le péché il faut aimer selon l’exemple de Jésus !

L’amour est la Sagesse du Seigneur ! L’amour est la loi du Seigneur qui redonne vie ! Et de même que les femmes quittant le tombeau vous vous êtes mises en route soutenues par vos accompagnatrices.

Ro 6. Et en ce soir Jésus Christ vient à vous par le baptême, la confirmation et l’eucharistie. Ainsi vous allez mourir au péché avec lui pour ressusciter et vivre en lui pour Dieu.

Puissiez-vous toujours être assoiffées du Dieu vivant de même que son fils Jésus !

Puissiez-vous toujours rendre grâce à Seigneur !

Puissiez-vous toujours tenir votre place parmi la multitude des disciples en fête !

Olivier Petit.

Homélies du dimanche des Rameaux 2026.

Matthieu 21,1-11.

Jésus est visiblement attendu puisqu’il suffit de dire que le Seigneur a besoin de l’ânesse et de l’ânon pour en disposer. Les propriétaires de ces animaux ont donc lu l’Écriture qui annonce à la fille de Sion que son roi viendra vers elle avec douceur sur une ânesse et son petit et ils ont décidé d’en favoriser l’accomplissement en apprêtant une ânesse et un ânon. Les propriétaires de ces animaux sont donc les héritiers et les porteurs d’une espérance qui remonte au minimum à Abraham !

L’ânesse et son petit sont habillés par les manteaux des disciples avant que Jésus s’assoie sur eux. Puis cet étrange équipage s’avance sur d’autres manteaux posés sur le sol. Ces vêtements nous parlent de Jésus entrant à Jérusalem, du fils de David qui vient au nom du Seigneur : il porte en son corps le poids de l’humanité de même que l’ânesse et son petit portent et marchent sur ces manteaux.

Mais la foule désigne Jésus comme le prophète de Nazareth. Elle entend que Jésus parle pour son Père alors qu’il assume en son corps notre humanité. Dans quelques instants pour mieux entendre la parole du Père en Jésus nous écouterons la Passion !

Isaïe 50,4-7 ; Ps 21 ; Ph 2, 6-11 ; Passion selon St Matthieu 26,14-27,66.

Selon Isaïe le serviteur souffrant endure les coups, les crachats, les outrages parce que chaque matin il écoute en disciple le Seigneur son Dieu qui lui a ouvert l’oreille. Selon le psaume, le juste mis à mort se relève quand le Seigneur lui répond. Selon l’épître aux Philippiens Jésus obéit jusque dans la mort. Entendons se tient sous et par la parole du Père y compris dans la mort.

En ces trois textes nous avons l’explication de la solidité de Jésus durant sa passion. Jésus ne cesse jamais de désirer la parole de son Père car celle-ci ne fait effet que pour celui ou celle qui la désire. Et ses derniers mots – Eli, Eli lema sabactani – extrait de ce même psaume 21, témoigne de la vitalité de ce désir qui trouvera sa réponse dans la résurrection !

Ainsi c’est la puissance du désir qui donne à Jésus la capacité d’assumer notre humanité de même que l’ânesse et l’ânon portent les manteaux des disciples et des foules. Dès lors communier au corps et au sang de Jésus afin de faire corps avec lui pour le suivre dans sa passion et sa résurrection c’est en partager le désir pour son Père !

Afin de vérifier si nous partageons ce même désir prenons appui sur les nombreux acteurs de la passion pour discerner desquels nous nous rapprochons le plus selon les situations que nous traversons. En effet chacun de ces acteurs est une marque sur une échelle allant des plus loin de Jésus – les grands-prêtres et pharisiens, Judas, les bourreaux – aux plus près de Jésus – Joseph d’Arimathie, Marie Madeleine et les femmes. Les plus proches de Jésus étant bien sûr celles et ceux qui sont le mieux placés pour en partager la résurrection ! Bonne vérification !

Olivier Petit.

5 carême A 2026 – Ez 37,12-14 ; Ps 129 ; Ro ,8-11 ; Jn 11,1-44.

Tous les personnages apparaissant en ce récit de la résurrection de Lazare considèrent que la mort est le point final de son parcours comme de toute existence. Même Marthe qui affirme croire en la résurrection et qui reconnaît le Christ en Jésus résiste quand Jésus fait ouvrir le tombeau. Cette conviction est lourde comme la pierre qui ferme le tombeau et entravante comme les bandelettes qui ligotent Lazare ! En revanche pour Jésus la mort est un endormissement dont il est possible d’être éveillé et relevé. Mais à quelles conditions ?

Lazare s’est endormi dans la mort car de son vivant il a noué avec Jésus une amitié si profondément inscrite en sa chair que celle-ci répond à son appel alors qu’elle se décompose dans le tombeau. Cette amitié est la lumière dans les ténèbres grâce à laquelle l’on ne trébuche pas ! L’existence est donc ce temps durant lequel je noue avec Jésus Christ par l’Esprit Saint une amitié si forte que je m’endors dans les profondeurs de la mort en espérant envers et contre tout qu’il m’appelle et me relève. Telle est la gloire de Dieu que Lazare manifeste en sortant du tombeau quand l’appelle Jésus en qui nous reconnaissons la parole du Dieu !

À la suite de la résurrection de Lazare le Conseil qui gouverne la Judée et Jérusalem décide de tuer non seulement Jésus (Jn 11,53) mais aussi Lazare (Jn 12,10) car cette vie plus forte que la mort, diffusée par le premier et attestée par le second, met en danger l’économie religieuse et morale qu’il préside. Le temple de Jérusalem n’est-il pas pour une grande part un abattoir qui collecte d’immenses sommes au bénéfice de Jérusalem et de la Judée ? Il faut donc tuer Jésus pour neutraliser à la source cette vie plus forte que la mort même si cela s’oppose radicalement à l’Espérance portée par Israël depuis Abraham ! Nous célébrerons l’échec de cette tentative lors du Triduum pascal.

Jésus illumine donc nos existences enténébrées par la mort en nous proposant son amitié comme accomplissement du salut annoncé par Ezéchiel tel un retour d’Exil. Ainsi prenant appui sur les sacrements nous partageons avec lui cet Esprit Saint promis par la plume d’Ezéchiel et nouons avec lui une amitié si profonde qui inscrit en notre chair un désir de vivre plus fort que l’amour de la mort, plus fort que le péché qui habite notre chair ! Cheminons vers Pâques en approfondissant cette amitié !

Olivier Petit.

3 Carême A – 2026 – Ex 17,3-7 ; Ps 94 ; Rom 5,1-8 ; Jn 4,1-42.

La première lecture nous apprend qu’il faut se méfier quand il est question de soif dans la Bible. En effet les fils d’Israël réclament de l’eau pour vérifier si le Seigneur est bien présent parmi eux. Ils n’ont pas soif d’eau mais soif de Dieu. Demandons-nous donc : de quoi Jésus a-t-il soif et de quoi la samaritaine a-t-elle soif lors de leur rencontre au puit de Jacob, ce patriarche commun aux Juifs et aux Samaritains. Notez que selon le texte grec Jésus s’installe sur la source non pas auprès de la source.

Ainsi installé Jésus demande à boire à la femme ce qui l’étonne car les juifs ne fréquentent pas les samaritains. Puis il lui révèle sa double ignorance : elle ne connaît pas le don de Dieu et elle ne le connaît pas. Elle n’a pas saisi qu’en s’installant sur le puit de Jacob, Jésus se situe comme celui qui donne la grâce dont Jacob bénéficia en son temps. Elle n’entend donc pas que Jésus lui offre un don qui ferait d’elle une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle.

Alors Jésus questionne son désir en lui demandant d’appeler son mari. Elle lui répond franchement : elle n’a pas de mari. Jésus confirme : elle en a eu cinq ! Cette femme est donc habitée d’un désir qu’aucun homme n’a pu combler ! Reconnaissant alors en Jésus un prophète, elle lui demande quel est le lieu où adorer mais sans nommer celui qu’elle souhaite adorer ! Ainsi cette femme désire quelqu’un qu’elle ne sait pas comment atteindre pas plus qu’elle n’arrive à une relation ajustée avec les hommes.

Jésus en appelle à sa foi, lui propose un lieu nouveau balisé par l’Esprit et la Vérité et nomme celui qui doit y être adorer : le Père. La femme reconnait son ignorance et exprime son attente : elle attend le Christ qui lui fera connaître comment orienter le désir qui l’habite ! Jésus lui dit alors : « Je le suis, moi qui te parle ! » Voilà pourquoi Jésus s’est installé sur le puit de Jacob ! Il est donc le rocher frappé par Moïse à Massa et Mériba qui donne l’eau vive venant du Père !

Les disciples arrivent tandis que la femme rejoint Sychar. Jésus leur explique qu’il s’est nourri de la rencontre avec la femme car il a accompli ainsi la volonté et l’œuvre de son Père, car il a moissonné ainsi ce qu’ont semé Jacob et bien d’autres, car il a récolté ainsi du fruit pour la vie éternelle. Accomplissement, moisson, récolte qui s’élargissent avec l’entrée dans la foi des samaritains de Sychar ! Et tous deviendront autant de source d’eau jaillissant pour la vie éternelle !

Devenir une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle est l’enjeu du baptême vers lequel vous cheminez. De même que la samaritaine il vous faut reconnaître le Christ en Jésus ! Il est celui qui vous libère du péché, celui qui vous désigne le Père et celui vous établit dans l’Esprit pour adorer ce même Père en vérité ! En devenant une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle vous sèmerez l’Évangile que d’autres moissonneront et vous récolterez les moissons que d’autres auront semés !

Discernons quand, de même que la samaritaine, nous orientons de travers notre désir du Père et discernons comment l’adorer en Esprit et vérité afin d’être de véritable source d’eau jaillissant pour la vie éternelle !

Olivier Petit.

2e Carême – 2026 – Gen 12,1-4 ; Ps 32 ; 2 Tim 1,8-10 ; Mat 17,1-9.

Paul explique à Timothée que la grâce de Dieu leur a été donnée dans le Christ Jésus avant tous les siècles et qu’elle est maintenant devenue visible car notre sauveur, Jésus Christ, s’est manifesté. Mais quelle est cette grâce ? Comment est-elle donnée avant tous les siècles ? Et comment y accédons-nous ?

Cette grâce apparaît en sa gloire à Pierre, Jacques et Jean quand le visage de Jésus devient brillant comme le soleil et ses vêtements blancs comme la lumière. Cette brillance du visage et cette lumière des vêtements viennent du corps de Jésus, de ce corps qui incarne l’amour du Père et auquel sont associés Moïse et Elie par la conversation qu’ils entretiennent tous les trois. La grâce de Dieu est donc le corps du Christ avec lequel un lien s’établit si l’on converse avec lui. Mais la proposition de Pierre d’installer chacun sous sa tente est redoutable car elle interrompt la conversation de Jésus avec Moïse et Elie. Elle met donc en danger la relation de Moïse et Elie au corps de Jésus, la participation de Moïse et Elie à la grâce de Dieu. Mais le Seigneur neutralise la proposition de Pierre en couvrant les trois disciples avec l’ombre de la nuée lumineuse où il se tient. Puis il leur ordonne d’écouter son fils bien-aimé. Le Seigneur les oblige à entrer en conversation avec celui-ci. Le Seigneur leur donne ainsi d’accéder à sa grâce : faire corps avec son Fils pour ressusciter avec lui.

Abram vit une expérience semblable. En effet, dès que le Seigneur s’adresse à lui, il entend et accueille la parole de Dieu, il entend déjà Jésus Christ le Verbe de Dieu, et Abram en découvrira au fil du temps la droiture et la fidélité. Bien avant Paul et Timothée Abram participe donc à la grâce de Dieu qui ne deviendra visible qu’en Jésus Christ. Ainsi la grâce de Dieu, le corps de Jésus Christ, est donné de toute éternité. Et nous y participons dès lors que comme Abram, Pierre, Jacques et Jean nous l’entendons avec foi, dès lors que nous conversons avec lui comme Moïse et Elie et prenons le chemin qu’il nous indique. Profitons de ce carême pour entrer en conversation avec Jésus Christ par la méditation des Écritures et la prière et à travers lui avec son Père. Olivier Petit.

1 Carême A 2026 ; Gn 2,7-9.3,1-7 ; Ps 50 ; Ro 5,12-19 ; Matt 4,1-11.

Nous sommes si solidaires que le péché d’un seul nous contamine tous et que la victoire sur le péché d’un seul, Jésus Christ, nous justifie tous, c’est-à-dire nous rend capable, bien que pécheurs, de répondre à l’appel du Père et d’accéder au Salut. Mais cette justification et cette réponse suppose cette prise de conscience du péché décrite au psaume 50.

Selon le récit de la Genèse le péché est la tentative de se faire l’égal de Dieu et d’en prendre la place. En effet la femme ne désire manger le fruit qu’après que le serpent lui ai dit que Dieu en interdit la consommation pour éviter qu’elle devienne son égal en le mangeant. Dans l’Évangile, Jésus sous la conduite de l’Esprit Saint affronte lui aussi le diable mais il en triomphe.

Après quarante jours et quarante nuits de jeûne pour prouver qu’il est fils de Dieu le diable propose à Jésus d’agir comme s’il était tout puissant en ordonnant la transformation des pierres en pains. Mais Jésus répond à l’aide de l’Écriture qu’il a faim non pas de pain mais de la parole Dieu dont il a été nourri et abreuvé lors de son baptême : « Celui-ci est mon fils bien aimé, qui a tout ma faveur ». Et le diable en prend bonne note.

Alors pour obtenir la parole que Jésus désire, le diable lui propose de se jeter dans le vide car selon le psaume 91, le Seigneur ordonnera à ses anges de sauver son messie. Appuyé sur l’Écriture le diable propose donc à Jésus d’obliger son Père à parler et de le dominer ainsi. Mais Jésus refuse en citant un autre extrait des Écritures. Il préfère vivre affamé de la parole divine.

Le diable propose alors de remplacer la parole qui lui manque par la gloire des royaumes moyennant sa soumission. À Jésus l’apparence de la puissance. Au diable la réalité de la puissance. Mais Jésus l’envoie bouler d’une parole et non plus d’une citation des Écritures. À ce point du récit Jésus n’a plus besoin de l’autorité des Écritures pour s’imposer. Et les anges viennent le servir de même que son Père. Il est bien le fils de Dieu dont il incarne la parole parce qu’il la désire et la désirera tout au long de son existence !

Ainsi la racine du péché est cette illusion de toute-puissance que le diable propose à la femme et à Jésus. Et seul l’amour du Père incarné par Jésus et les membres de son corps, est à même de guérir la création ravagée par le péché et de la conduire à son accomplissement.

L’invitation à jeuner durant carême est donc une invitation à réveiller et à entretenir cette faim de la parole que le diable essaie d’assouvir. Le problème est de rester affamé, nous pas d’être comblé ! Que l’Esprit Saint nous en donne la force !

Olivier Petit.

6e dim ordi A – 2026 – Sir 15,15-20; Ps 118; 1 Co 2,6-10; Mat 5,17-35.

Selon Ben Sira nous sommes libres de choisir entre l’eau et le feu ou entre la vie et la mort. Mais le Seigneur nous oriente vers la vie par l’Esprit Saint qui nous découvre en Jésus Christ comment honorer sa loi afin d’être heureux. C’est l’Esprit Saint qui nous ouvre à la Sagesse de Dieu incarnée en Jésus Christ. Grâce à lui nous voyons ce que l’œil n’a pas vu et nous entendons ce que l’oreille n’a pas entendu.

Ainsi soutenus par l’Esprit Saint, nous entendons dans l’évangile de ce jour que Jésus inaugure un accomplissement de la Loi et des Prophètes dont le déploiement durera jusqu’à la disparition du ciel et de la terre, que nous pouvons y participer et qu’en y participant nous accédons au royaume de Dieu.

Jésus montre comment nous pouvons accomplir la Loi et des Prophètes en commentant quelques commandements qui posent chacun un interdit : tu ne tueras, tu ne commettras pas d’adultère, tu ne manqueras pas à tes serments. Il explique qu’insulter un frère ouvre la voie qui conduit au meurtre, que regarder une femme comme un objet conduit ouvre la voie qui conduit à l’adultère, que les promesses et engagements excessifs ouvrent la voie au parjure.

Puis Jésus propose pour chacun un accomplissement qui est aussi un remède : la réconciliation avec le frère, la castration des pulsions qui feraient de nous des prédateurs et des prédatrices, la parole sobre et murie qui engage. Chacun de ces accomplissements ou remèdes qui incarne la Sagesse de Dieu est possible par la puissance de l’Esprit Saint qui nous en donne la force de la réconciliation !

Ne cessons donc jamais de demander à notre Père du Ciel l’Esprit Saint afin d’incarner sa Sagesse, d’accomplir les Loi et les Prophètes, à la suite de Jésus et de prendre place avec ce dernier dans le royaume.

Olivier Petit.

5 dim ordi A 2026 – Is 58, 7-10; Ps 111; 2 Co 2, 1-5; Mat 5,13-16.

Selon Isaïe la personne qui partage avec un affamé, accueille un sans-abri, habille un dénudé, révèle sa « lumière » et retrouve ses forces. Elle s’ajuste ainsi sur Dieu au point d’en partager la gloire et d’en devenir l’ami intime puisqu’à son invocation Dieu répondra : « Me voici » ! Et Isaïe ajoute que celui qui libère son pays de toute oppression, de toute violence, de toute parole malfaisante et qui répond au désir des malheureux, illuminera ce même pays. Il en sera la lumière !

Selon Jésus ses disciples portent cette lumière puisqu’il les invite à ne pas la mettre sous le boisseau. Et il ajoute que ses disciples sont aussi capables de rendre savoureuse l’existence des femmes et des hommes qu’ils côtoient de même que du sel. Comprenons bien que les disciples de Jésus sont lumière et sel parce qu’ils incarnent à la suite de Jésus l’amour du Père pour toutes ses créatures !

Et c’est pour ne pas mettre sous le boisseau cette lumière ou affadir ce sel que Paul proclame l’Évangile en faisant l’économie du langage humain, c’est-à-dire des techniques de communications, et de la sagesse, c’est-à-dire de la philosophie si ce n’est de la théologie. Paul, avec une immense intelligence, se limite à témoigner du travail de l’Esprit dans sa chair. En effet, c’est ce travail de l’Esprit en nos corps, qui est lumière et sel, qui est bonne nouvelle pour toutes les créatures !

Ainsi nous accomplissons d’autant mieux le psaume 111 parce que nous ne cachons pas l’œuvre de l’Esprit en nous sous une accumulation de discours et d’explications pour la signaler ! Plus le disciple est sobre, plus son témoignage porte et portera car c’est sa chair, c’est son corps, c’est ce qu’il est, qui touche non pas son baratin fut-il missionnaire ! Contentons-nous d’honorer le programme d’Isaïe : accueillons le Christ qui vient à nous avec les pauvres !  Recevons en cette rencontre l’Esprit Saint, notre lumière et notre sel !

Olivier Petit.

4 dim ordi A 2026 ; So 2,3.3,12-13 ; Ps 145; 1 Co 1,26-31 ; Mat 5,1-12a.

Sophonie nomme « humbles du pays » les femmes et les hommes qui accomplissent la loi du Seigneur. Mais ils ne l’accomplissent que s’ils cherchent le Seigneur, la justice et l’humilité. Et Jésus détaille longuement les conditions d’un accomplissement de la loi au fil d’un long discours rapporté aux chapitres 5 à 7 de l’évangile de Matthieu dont nous venons d’entendre l’ouverture. Mais Jésus commence par parler d’abord des conditions nécessaires au bonheur car nous accomplissons la loi du Seigneur pour être heureux.

Jésus énonce neuf affirmations commençant par « Heureux ». Chacune met en évidence une situation de vulnérabilité : un cœur pauvre, des pleurs, la douceur, la faim et soif de justice, la miséricorde, le besoin de paix, le besoin de justice, l’amitié avec lui Jésus. Pour trouver le bonheur en accomplissant de la loi il faut donc être sensible, vulnérable. Qui est insensible, invulnérable ou dur ne peut trouver le bonheur !

Entendons, à l’écoute de Paul, que Dieu nous a choisi, de même que les Corinthiens, au titre de notre folie, de notre faiblesse, de notre humilité. Entendons, à l’écoute de Sophonie, que nous sommes le peuple pauvre et petit qu’habille le nom du Seigneur, le peuple invité à ne plus commettre d’injustice, à ne plus mentir afin de vivre heureux ! Entendons que le Seigneur nous fait justice, nous nourrit, nous ouvre les yeux, nous redresse, nous protège et nous soutient quand nous prenons le chemin ouvert par son fils ! Alors réclamons l’Esprit Saint afin de vivre les béatitudes et d’accomplir la loi du Seigneur pour notre plus grand bonheur !

Olivier Petit.

3e dim. ordi A 2026 Is 8,23-9,3 ; Ps 26 ; 1 Co 1,10…17 ; Mat 4,12-23.

Nous désirons habiter la maison du Seigneur tous les jours et en voir les bontés sur la terre des vivants selon les mots du Ps. 26. Pour cela nous avons pris place en ce peuple suscité par Jésus, dont les premiers membres furent ces quatre hommes, fils et frères, qu’il appela après avoir pris place au carrefour des nations, à Capharnaüm !

Découvrant le monde à la lumière du Christ, nous découvrons aussi les bontés du Seigneur, de même que ces pécheurs de poissons les découvrirent en répondant à cet appel insensé : suivre Jésus pour devenir des pécheurs d’hommes ! Cette expression, « pécheurs d’hommes », n’avait alors aucun sens mais dans le mystère de cette expression, ils entendirent qu’ils passeraient des ténèbres à la lumière et accéderaient aux Royaume de Dieu en suivant Jésus.

Mais Paul nous dit que l’Église, le peuple nouveau inauguré par l’appel des quatre pécheurs de poissons, est menacée de fractionnement par des clans concurrents qui affirment leur identité contre les autres en se référant à celui qui les a baptisés non pas à Jésus Christ. Alors pour ne pas être utilisé par un clan qui le choisirait contre les autres, Paul se définit non pas comme « baptiseur » mais comme « évangélisateur », c’est-à-dire comme uniquement préoccupé d’incarner le Christ et de refléter cette lumière qui émergea quand Jésus prit place au carrefour des nations, à Capharnaüm. Ainsi être catholique c’est porter la présence lumineuse du Christ au carrefour des nations non pas appartenir à une communauté affirmant son identité contre d’autres communautés.

Vérifions donc si nous sommes vraiment catholiques. Suivons-nous Jésus de même que Pierre, André, Jacques et Jean ? Incarnons-nous le Christ de même que Paul ? Prenons-nous place aux carrefours de notre monde pour y porter cette lumière sans laquelle il est impossible d’accéder au Royaume de Dieu ?

Olivier Petit.

2e dim. ordi A 2025 – Is 49,3..6 ; Ps 39 ; 1 Co 1,1-3 ; Jn 1,29-34.

 Voyant passer Jésus, Jean Baptiste le désigne comme étant l’agneau de Dieu dont la fonction est d’enlever le péché du monde. Jean Baptiste précise qu’il existait bien avant qu’il le reconnaisse et qu’il existera bien après lui. Puis, Jean Baptiste explique que lui-même est envoyé comme les prophètes de l’Ancien Testament mais avec un mission différente. Eux annoncent Jésus. Lui reconnaît Jésus parmi ceux qu’il baptise à ceci : il voit l’Esprit Saint descendre sur lui.  Jean révèle le Fils de Dieu que les prophètes annoncent.

De cette annonce prophétique l’extrait du livre du prophète Isaïe et le psaume 39 sont deux exemples très singuliers. En effet, ils lui donnent la parole sans donner de quoi l’identifier. Chez Isaïe il raconte que le Seigneur lui a annoncé qu’il sera la lumière des nations et que par lui son salut parviendra aux extrémités de la terre tandis que dans le psaume il raconte avoir répondu à l’appel du Seigneur en disant « voici je viens ». Ainsi l’agneau de Dieu, le Fils de Dieu, existe bien avant Jean Baptiste puisque l’Ancien Testament en porte la présence cachée. Et la deuxième lecture confirme qu’après Jean Baptiste il existera et qu’il existera en pleine lumière par les apôtres et l’Église qui lui donneront corps.

Le péché du monde enlevé par l’agneau de Dieu est semblable à une tumeur que l’on ôte d’un corps. De l’action de Jésus, à savoir rétablir le lien de la création à son créateur, des enfants à leur père, je déduis que le péché empêche cette relation et ferme la création sur elle-même. Enlever le péché c’est donc supprimer ce verrou. Comme disciple de Jésus Christ je participe à cette ouverture en entretenant ma relation au Père et en considérant les autres comme des enfants de ce même Père. Alors, voyons quoi faire pour renforcer notre lien au Père et pour être encore plus fraternel avec les autres, autrement dit voyons quoi faire pour être d’autant plus saint selon les mots de Paul adressés à l’Église de Corinthe, voyons quoi faire pour être la manifestation éclatante de la présence du Fils de Dieu !

Olivier Petit.

2026 Baptême du Seigneur – A – Mt 3,13-4,11 ; Ps 28 ; Ac 10,34-38 ; Is 42,1-4.6-7.

Les pécheurs se font baptisés par Jean pour exprimer leur désir de conversion. Et Jésus s’ajuste à leur désir en se faisant baptiser lui aussi par Jean. Mais au bain dans l’eau suit un bain dans la parole du Père et un bain dans l’Esprit Saint. Jésus rejoint donc les pécheurs dans leur désir d’une vie nouvelle pour les entrainer dans une existence qui incarne la parole d’amour du Père par la puissance de l’Esprit Saint, dans une existence de fils de Dieu.

Mais Jésus lui-même n’incarnera la parole du Père que s’il en est affamé. Cette faim de la parole vient à Jésus quarante jours et quarante nuits après l’avoir entendue. Il devient alors vulnérable au diable. Ce dernier se trompe d’abord sur la nature de la faim de Jésus car il lui propose de la combler avec du pain à base de cailloux. Puis il propose à Jésus sans succès de contraindre son Père à prendre la parole pour ordonner à ses anges de le sauver. Enfin le diable propose de remplacer la parole par la gloire et les richesses du monde en échange de sa soumission. Mais Jésus, habité par l’Esprit Saint et appuyé sur les Écritures reste sur sa faim. Il incarnera parfaitement la parole de son Père parce qu’il veille à en rester affamé ! Ainsi les anges, les serviteurs de Dieu, répondent à la question du diable : Jésus est le Fils de Dieu car ils le servent comme ils servent Dieu !

Jésus sera vraiment le serviteur du Seigneur décrit par Isaïe parce que toujours affamé de la parole de son Père ! Il fera le bien et guérira tous ceux qui sont sous le pouvoir du diable selon les mots de Pierre parce que toujours affamé de la parole de son Père. Il sera la voix du Seigneur qui domine les eaux et qui éblouit, selon le psaume 28, parce que toujours affamé de la parole de son Père ! Et nous, baptisés avec Jésus Christ dans l’Esprit Saint, comment déjouons-nous les mensonges qui prétendent combler notre faim de la parole du Père pour en rester affamés ? Olivier Petit.

Epiphanie 2026 – Isaïe 60,1-6 ; Ps 71 ; Ep 3,2-6 ; Mat 2,1-12.

Selon Isaïe parce que le Seigneur illuminera Jérusalem de sa gloire, Jérusalem attirera avec leurs richesses tous les peuples et toutes les nations, ses fils et ses filles dispersés au loin. Et voilà que l’arrivée des mages inquiètent Jérusalem et le roi Hérode au lieu de les réjouir. Malgré l’émotion ce dernier entend finement qu’ils viennent se prosterner devant le Christ plutôt que devant le roi des Juifs. Alors pour répondre aux mages il questionne les personnes compétentes : les grands prêtres et les scribes. Après quoi en secret il informe les mages tout en les envoyant se renseigner précisément sur l’enfant avec obligation de revenir, après quoi il ira se prosterner devant l’enfant. Hérode détourne ainsi les mages de leur projet qu’il dit reprendre à son compte. Ainsi ni Jérusalem, ni son roi n’accompagnent les mages. Ainsi La conjonction de Jérusalem et du Seigneur annoncée par Isaïe ne s’accomplira qu’à la passion et à la résurrection, et ce passagèrement car l’évangile de Matthieu se termine sur une montagne de Galilée.

Jérusalem et Hérode ne sont pas animés par le désir qui habitent les mages tout au long de leur parcours. Ces derniers attendaient l’étoile puisqu’ils la reconnaissent à son apparition. L’ayant vue ils prennent immédiatement la route de Jérusalem, puis celle de Bethléem. Ayant retrouvé l’étoile ils accèdent à cette joie qui est le parfum de l’enfant. Puis entrant dans la maison, ils voient l’enfant, se prosternent et lui offrent ces richesses qu’ils n’avaient pas dévoilées jusque-là. L’enfant devient alors le centre de gravité de leur existence. Et ils repartent en évitant Jérusalem et Hérode. Désormais ils appartiennent à ce royaume dont l’enfant est le prince, au corps évoqué par Paul dont l’enfant est la tête et la joie le parfum !

Ainsi les fils et les filles issus de toutes les nations évoquées par Isaïe prennent consistance en ces mages audacieux et prudents. Que pourrions-nous faire pour incarner ces derniers un peu plus ? Et quels « Hérodes » nous faut-il affronter pour cela ?

Olivier Petit.

Sainte famille 2025 – Ben Sirac 3,2-14; Ps 127; Co 3,12-21; Matt 2,13-23.

Joseph est quelqu’un qui craint vraiment le Seigneur selon les mots du psaume 127 car il entend et tient compte du Seigneur. Et cela a deux conséquences. D’une part il protège d’Hérode l’enfant et sa mère en les conduisant en Égypte puis en les installant à Nazareth. D’autre part il accomplit les paroles du Seigneur exprimées par les prophètes et il inscrit ainsi parfaitement l’enfant dans le plan du Seigneur.

Joseph nous apprend que pour honorer vraiment son père et glorifier vraiment sa mère, que pour témoigner d’une véritable soumission à son mari et d’un véritable amour à son épouse, que pour ne pas exaspérer ses enfants, il faut craindre le Seigneur, c’est-à-dire ne pas se prendre pour Dieu, accepter d’avoir des limites, des failles, des incompétences et de prendre le temps de songer, comme Joseph, pour accueillir la volonté du Seigneur et faire ce qu’il convient pour les dépasser.

Impossible de se revêtir de tendresse, de compassion, de bonté, d’humilité, de douceur, de patience, de se soutenir mutuellement, d’aimer vraiment et d’avoir le cœur en paix, si je me prends pour Dieu et de ce fait si je ne prends pas le temps de songer pour entendre ce qu’il désire !

Alors pour que nos familles soient vraiment saintes, que chacune et chacun craignent vraiment le Seigneur et prennent le temps de songer pour l’entendre. Ainsi nos décisions, nos actes, nos paroles et nos silences seront bien ajustés sur le désir du Seigneur, seront justes !

Olivier Petit.

Jour de Noël 2025 – Jn 1,1-18 ; Hé 1,1-6 ; Is 52,7-10.

En Jésus, se révèle le verbe de Dieu, la parole de Dieu, qui fonde l’existence et qui illumine de sa vie toute chose. Mais nous entendons ce verbe, cette parole, que si des témoins, tel Jean, pointent en sa direction et que si nous accueillons avec foi leur témoignage.

Isaïe décrit ces témoins comme des guetteurs qui voient le Seigneur revenir à Sion pour consoler son peuple et racheter Jérusalem ! C’est donc grâce à eux que nous reconnaissons Jésus Christ pour ce qu’il est : le premier-né du monde qui vient !

Et en reconnaissant que Jésus Christ est premier-né nous affirmons que des cadettes et des cadets naissent après lui. Ainsi nous sommes appelés à naître de l’Esprit Saint comme l’enfant de la crèche afin de prendre place dans le monde qui vient. Telle est l’immense espérance que suscite Noël !

Ainsi, année après année, Noël nous rappelle la naissance à laquelle nous sommes invités depuis notre baptême : la naissance de l’Esprit Saint !

Alors demandons-nous ce que nous pourrions faire pour ressembler un peu plus à notre frère aîné !

Olivier Petit.

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