Homélies du P. Olivier Petit

Homélies depuis septembre 2025

5 dim ordi A 2026 – Is 58, 7-10; Ps 111; 2 Co 2, 1-5; Mat 5,13-16.

Selon Isaïe la personne qui partage avec un affamé, accueille un sans-abri, habille un dénudé, révèle sa « lumière » et retrouve ses forces. Elle s’ajuste ainsi sur Dieu au point d’en partager la gloire et d’en devenir l’ami intime puisqu’à son invocation Dieu répondra : « Me voici » ! Et Isaïe ajoute que celui qui libère son pays de toute oppression, de toute violence, de toute parole malfaisante et qui répond au désir des malheureux, illuminera ce même pays. Il en sera la lumière !

Selon Jésus ses disciples portent cette lumière puisqu’il les invite à ne pas la mettre sous le boisseau. Et il ajoute que ses disciples sont aussi capables de rendre savoureuse l’existence des femmes et des hommes qu’ils côtoient de même que du sel. Comprenons bien que les disciples de Jésus sont lumière et sel parce qu’ils incarnent à la suite de Jésus l’amour du Père pour toutes ses créatures !

Et c’est pour ne pas mettre sous le boisseau cette lumière ou affadir ce sel que Paul proclame l’Évangile en faisant l’économie du langage humain, c’est-à-dire des techniques de communications, et de la sagesse, c’est-à-dire de la philosophie si ce n’est de la théologie. Paul, avec une immense intelligence, se limite à témoigner du travail de l’Esprit dans sa chair. En effet, c’est ce travail de l’Esprit en nos corps, qui est lumière et sel, qui est bonne nouvelle pour toutes les créatures !

Ainsi nous accomplissons d’autant mieux le psaume 111 parce que nous ne cachons pas l’œuvre de l’Esprit en nous sous une accumulation de discours et d’explications pour la signaler ! Plus le disciple est sobre, plus son témoignage porte et portera car c’est sa chair, c’est son corps, c’est ce qu’il est, qui touche non pas son baratin fut-il missionnaire ! Contentons-nous d’honorer le programme d’Isaïe : accueillons le Christ qui vient à nous avec les pauvres !  Recevons en cette rencontre l’Esprit Saint, notre lumière et notre sel !

Olivier Petit.

4 dim ordi A 2026 ; So 2,3.3,12-13 ; Ps 145; 1 Co 1,26-31 ; Mat 5,1-12a.

Sophonie nomme « humbles du pays » les femmes et les hommes qui accomplissent la loi du Seigneur. Mais ils ne l’accomplissent que s’ils cherchent le Seigneur, la justice et l’humilité. Et Jésus détaille longuement les conditions d’un accomplissement de la loi au fil d’un long discours rapporté aux chapitres 5 à 7 de l’évangile de Matthieu dont nous venons d’entendre l’ouverture. Mais Jésus commence par parler d’abord des conditions nécessaires au bonheur car nous accomplissons la loi du Seigneur pour être heureux.

Jésus énonce neuf affirmations commençant par « Heureux ». Chacune met en évidence une situation de vulnérabilité : un cœur pauvre, des pleurs, la douceur, la faim et soif de justice, la miséricorde, le besoin de paix, le besoin de justice, l’amitié avec lui Jésus. Pour trouver le bonheur en accomplissant de la loi il faut donc être sensible, vulnérable. Qui est insensible, invulnérable ou dur ne peut trouver le bonheur !

Entendons, à l’écoute de Paul, que Dieu nous a choisi, de même que les Corinthiens, au titre de notre folie, de notre faiblesse, de notre humilité. Entendons, à l’écoute de Sophonie, que nous sommes le peuple pauvre et petit qu’habille le nom du Seigneur, le peuple invité à ne plus commettre d’injustice, à ne plus mentir afin de vivre heureux ! Entendons que le Seigneur nous fait justice, nous nourrit, nous ouvre les yeux, nous redresse, nous protège et nous soutient quand nous prenons le chemin ouvert par son fils ! Alors réclamons l’Esprit Saint afin de vivre les béatitudes et d’accomplir la loi du Seigneur pour notre plus grand bonheur !

Olivier Petit.

3e dim. ordi A 2026 Is 8,23-9,3 ; Ps 26 ; 1 Co 1,10…17 ; Mat 4,12-23.

Nous désirons habiter la maison du Seigneur tous les jours et en voir les bontés sur la terre des vivants selon les mots du Ps. 26. Pour cela nous avons pris place en ce peuple suscité par Jésus, dont les premiers membres furent ces quatre hommes, fils et frères, qu’il appela après avoir pris place au carrefour des nations, à Capharnaüm !

Découvrant le monde à la lumière du Christ, nous découvrons aussi les bontés du Seigneur, de même que ces pécheurs de poissons les découvrirent en répondant à cet appel insensé : suivre Jésus pour devenir des pécheurs d’hommes ! Cette expression, « pécheurs d’hommes », n’avait alors aucun sens mais dans le mystère de cette expression, ils entendirent qu’ils passeraient des ténèbres à la lumière et accéderaient aux Royaume de Dieu en suivant Jésus.

Mais Paul nous dit que l’Église, le peuple nouveau inauguré par l’appel des quatre pécheurs de poissons, est menacée de fractionnement par des clans concurrents qui affirment leur identité contre les autres en se référant à celui qui les a baptisés non pas à Jésus Christ. Alors pour ne pas être utilisé par un clan qui le choisirait contre les autres, Paul se définit non pas comme « baptiseur » mais comme « évangélisateur », c’est-à-dire comme uniquement préoccupé d’incarner le Christ et de refléter cette lumière qui émergea quand Jésus prit place au carrefour des nations, à Capharnaüm. Ainsi être catholique c’est porter la présence lumineuse du Christ au carrefour des nations non pas appartenir à une communauté affirmant son identité contre d’autres communautés.

Vérifions donc si nous sommes vraiment catholiques. Suivons-nous Jésus de même que Pierre, André, Jacques et Jean ? Incarnons-nous le Christ de même que Paul ? Prenons-nous place aux carrefours de notre monde pour y porter cette lumière sans laquelle il est impossible d’accéder au Royaume de Dieu ?

Olivier Petit.

2e dim. ordi A 2025 – Is 49,3..6 ; Ps 39 ; 1 Co 1,1-3 ; Jn 1,29-34.

 Voyant passer Jésus, Jean Baptiste le désigne comme étant l’agneau de Dieu dont la fonction est d’enlever le péché du monde. Jean Baptiste précise qu’il existait bien avant qu’il le reconnaisse et qu’il existera bien après lui. Puis, Jean Baptiste explique que lui-même est envoyé comme les prophètes de l’Ancien Testament mais avec un mission différente. Eux annoncent Jésus. Lui reconnaît Jésus parmi ceux qu’il baptise à ceci : il voit l’Esprit Saint descendre sur lui.  Jean révèle le Fils de Dieu que les prophètes annoncent.

De cette annonce prophétique l’extrait du livre du prophète Isaïe et le psaume 39 sont deux exemples très singuliers. En effet, ils lui donnent la parole sans donner de quoi l’identifier. Chez Isaïe il raconte que le Seigneur lui a annoncé qu’il sera la lumière des nations et que par lui son salut parviendra aux extrémités de la terre tandis que dans le psaume il raconte avoir répondu à l’appel du Seigneur en disant « voici je viens ». Ainsi l’agneau de Dieu, le Fils de Dieu, existe bien avant Jean Baptiste puisque l’Ancien Testament en porte la présence cachée. Et la deuxième lecture confirme qu’après Jean Baptiste il existera et qu’il existera en pleine lumière par les apôtres et l’Église qui lui donneront corps.

Le péché du monde enlevé par l’agneau de Dieu est semblable à une tumeur que l’on ôte d’un corps. De l’action de Jésus, à savoir rétablir le lien de la création à son créateur, des enfants à leur père, je déduis que le péché empêche cette relation et ferme la création sur elle-même. Enlever le péché c’est donc supprimer ce verrou. Comme disciple de Jésus Christ je participe à cette ouverture en entretenant ma relation au Père et en considérant les autres comme des enfants de ce même Père. Alors, voyons quoi faire pour renforcer notre lien au Père et pour être encore plus fraternel avec les autres, autrement dit voyons quoi faire pour être d’autant plus saint selon les mots de Paul adressés à l’Église de Corinthe, voyons quoi faire pour être la manifestation éclatante de la présence du Fils de Dieu !

Olivier Petit.

2026 Baptême du Seigneur – A – Mt 3,13-4,11 ; Ps 28 ; Ac 10,34-38 ; Is 42,1-4.6-7.

Les pécheurs se font baptisés par Jean pour exprimer leur désir de conversion. Et Jésus s’ajuste à leur désir en se faisant baptiser lui aussi par Jean. Mais au bain dans l’eau suit un bain dans la parole du Père et un bain dans l’Esprit Saint. Jésus rejoint donc les pécheurs dans leur désir d’une vie nouvelle pour les entrainer dans une existence qui incarne la parole d’amour du Père par la puissance de l’Esprit Saint, dans une existence de fils de Dieu.

Mais Jésus lui-même n’incarnera la parole du Père que s’il en est affamé. Cette faim de la parole vient à Jésus quarante jours et quarante nuits après l’avoir entendue. Il devient alors vulnérable au diable. Ce dernier se trompe d’abord sur la nature de la faim de Jésus car il lui propose de la combler avec du pain à base de cailloux. Puis il propose à Jésus sans succès de contraindre son Père à prendre la parole pour ordonner à ses anges de le sauver. Enfin le diable propose de remplacer la parole par la gloire et les richesses du monde en échange de sa soumission. Mais Jésus, habité par l’Esprit Saint et appuyé sur les Écritures reste sur sa faim. Il incarnera parfaitement la parole de son Père parce qu’il veille à en rester affamé ! Ainsi les anges, les serviteurs de Dieu, répondent à la question du diable : Jésus est le Fils de Dieu car ils le servent comme ils servent Dieu !

Jésus sera vraiment le serviteur du Seigneur décrit par Isaïe parce que toujours affamé de la parole de son Père ! Il fera le bien et guérira tous ceux qui sont sous le pouvoir du diable selon les mots de Pierre parce que toujours affamé de la parole de son Père. Il sera la voix du Seigneur qui domine les eaux et qui éblouit, selon le psaume 28, parce que toujours affamé de la parole de son Père ! Et nous, baptisés avec Jésus Christ dans l’Esprit Saint, comment déjouons-nous les mensonges qui prétendent combler notre faim de la parole du Père pour en rester affamés ? Olivier Petit.

Epiphanie 2026 – Isaïe 60,1-6 ; Ps 71 ; Ep 3,2-6 ; Mat 2,1-12.

Selon Isaïe parce que le Seigneur illuminera Jérusalem de sa gloire, Jérusalem attirera avec leurs richesses tous les peuples et toutes les nations, ses fils et ses filles dispersés au loin. Et voilà que l’arrivée des mages inquiètent Jérusalem et le roi Hérode au lieu de les réjouir. Malgré l’émotion ce dernier entend finement qu’ils viennent se prosterner devant le Christ plutôt que devant le roi des Juifs. Alors pour répondre aux mages il questionne les personnes compétentes : les grands prêtres et les scribes. Après quoi en secret il informe les mages tout en les envoyant se renseigner précisément sur l’enfant avec obligation de revenir, après quoi il ira se prosterner devant l’enfant. Hérode détourne ainsi les mages de leur projet qu’il dit reprendre à son compte. Ainsi ni Jérusalem, ni son roi n’accompagnent les mages. Ainsi La conjonction de Jérusalem et du Seigneur annoncée par Isaïe ne s’accomplira qu’à la passion et à la résurrection, et ce passagèrement car l’évangile de Matthieu se termine sur une montagne de Galilée.

Jérusalem et Hérode ne sont pas animés par le désir qui habitent les mages tout au long de leur parcours. Ces derniers attendaient l’étoile puisqu’ils la reconnaissent à son apparition. L’ayant vue ils prennent immédiatement la route de Jérusalem, puis celle de Bethléem. Ayant retrouvé l’étoile ils accèdent à cette joie qui est le parfum de l’enfant. Puis entrant dans la maison, ils voient l’enfant, se prosternent et lui offrent ces richesses qu’ils n’avaient pas dévoilées jusque-là. L’enfant devient alors le centre de gravité de leur existence. Et ils repartent en évitant Jérusalem et Hérode. Désormais ils appartiennent à ce royaume dont l’enfant est le prince, au corps évoqué par Paul dont l’enfant est la tête et la joie le parfum !

Ainsi les fils et les filles issus de toutes les nations évoquées par Isaïe prennent consistance en ces mages audacieux et prudents. Que pourrions-nous faire pour incarner ces derniers un peu plus ? Et quels « Hérodes » nous faut-il affronter pour cela ?

Olivier Petit.

Sainte famille 2025 – Ben Sirac 3,2-14; Ps 127; Co 3,12-21; Matt 2,13-23.

Joseph est quelqu’un qui craint vraiment le Seigneur selon les mots du psaume 127 car il entend et tient compte du Seigneur. Et cela a deux conséquences. D’une part il protège d’Hérode l’enfant et sa mère en les conduisant en Égypte puis en les installant à Nazareth. D’autre part il accomplit les paroles du Seigneur exprimées par les prophètes et il inscrit ainsi parfaitement l’enfant dans le plan du Seigneur.

Joseph nous apprend que pour honorer vraiment son père et glorifier vraiment sa mère, que pour témoigner d’une véritable soumission à son mari et d’un véritable amour à son épouse, que pour ne pas exaspérer ses enfants, il faut craindre le Seigneur, c’est-à-dire ne pas se prendre pour Dieu, accepter d’avoir des limites, des failles, des incompétences et de prendre le temps de songer, comme Joseph, pour accueillir la volonté du Seigneur et faire ce qu’il convient pour les dépasser.

Impossible de se revêtir de tendresse, de compassion, de bonté, d’humilité, de douceur, de patience, de se soutenir mutuellement, d’aimer vraiment et d’avoir le cœur en paix, si je me prends pour Dieu et de ce fait si je ne prends pas le temps de songer pour entendre ce qu’il désire !

Alors pour que nos familles soient vraiment saintes, que chacune et chacun craignent vraiment le Seigneur et prennent le temps de songer pour l’entendre. Ainsi nos décisions, nos actes, nos paroles et nos silences seront bien ajustés sur le désir du Seigneur, seront justes !

Olivier Petit.

Jour de Noël 2025 – Jn 1,1-18 ; Hé 1,1-6 ; Is 52,7-10.

En Jésus, se révèle le verbe de Dieu, la parole de Dieu, qui fonde l’existence et qui illumine de sa vie toute chose. Mais nous entendons ce verbe, cette parole, que si des témoins, tel Jean, pointent en sa direction et que si nous accueillons avec foi leur témoignage.

Isaïe décrit ces témoins comme des guetteurs qui voient le Seigneur revenir à Sion pour consoler son peuple et racheter Jérusalem ! C’est donc grâce à eux que nous reconnaissons Jésus Christ pour ce qu’il est : le premier-né du monde qui vient !

Et en reconnaissant que Jésus Christ est premier-né nous affirmons que des cadettes et des cadets naissent après lui. Ainsi nous sommes appelés à naître de l’Esprit Saint comme l’enfant de la crèche afin de prendre place dans le monde qui vient. Telle est l’immense espérance que suscite Noël !

Ainsi, année après année, Noël nous rappelle la naissance à laquelle nous sommes invités depuis notre baptême : la naissance de l’Esprit Saint !

Alors demandons-nous ce que nous pourrions faire pour ressembler un peu plus à notre frère aîné !

Olivier Petit.

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